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 « L'espoir est la lueur du noir, le désespoir l'ombre du jour. Alors qu'est-ce que la destruction se trouve à être dans la réalité ? L'espoir désespéré d'une âme à la dérive dans un autre univers. » || Enchanty's presentation.

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ARRIVÉE LE : 03/10/2016
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MessageSujet: « L'espoir est la lueur du noir, le désespoir l'ombre du jour. Alors qu'est-ce que la destruction se trouve à être dans la réalité ? L'espoir désespéré d'une âme à la dérive dans un autre univers. » || Enchanty's presentation.    Lun 3 Oct - 2:07

Nom du personnage
« ... »
Patte Enchantée
Nuage de l'Enchantement
Enchantement des Morts
Enchantement Mortel
Six lunes
Mâle
Cascade
Novice
Peut-on croire à quelque chose quand l'esprit est flou ?
Cascade
L'ambition d'être se suffit à elle-même.
PUF ► Luny
PRÉNOM ► .
ÂGE ► .
QUE PENSES-TU DE WF ► Joliiii.
ACTIVITÉ ► Les Week-end.
CODE DU RÈGLEMENT ► J'aime les patates
AUTRE ► .
CARACTÈRE
La noirceur t'englobe. Tu ne sais pas qui tu es, tu n'as jamais su. Parle ! Raconte ! Tu ne sais pas le faire. Les ténèbres t'envahissent. Tu dérives. Tu te noies dans tes pensées tandis que j'essaie de te sauver. Je vais le faire pour toi. Je vais le faire pour qu'on puisse avoir une idée de qui tu es et je le promets de te décrire dans la plus grande des objectivités.

«Qui est-il ? Il est un félin étrange, qu'on ne peut décrire aisément. Ses yeux sont le reflet d'une abysse profonde. Elle me fait peur. Elle m'a toujours fait peur. Il n'est pas dans ce monde, il vit ailleurs, dans une autre dimension avec une soif de sang étrange, qui ne sera jamais comblée parce qu'il n'est pas sanguinaire. Il n'est pas tendre non plus, il est juste dénué d'émotions. Il ne ressent rien, juste une envie de contrôle, il a toujours tenté de nous contrôler. Il est insensible, il est impitoyable, mais mentalement, parce qu'il n'agit pas. Il n'agit jamais. Il n'est pas faible, ce n'est pas ça. Ce n'est pas ça du tout. Je pourrais le qualifier de courageux, mais à ce stade, ce n'est plus du courage, c'est de l'inconscience pure.

Mais à côté de ça, il se montre d'une patience infinie. C'est rare, vous savez, de rencontrer un félin aussi patient que ça, mais je soupçonne que ce soit à cause de la notion du temps qu'il ne possède pas. Dis-lui de t'attendre deux minutes et reviens une heure plus tard, si l'envie y était, il attendrait en ne voyant pas le temps passer.  Mais ne lui retirons pas cette qualité. Il est patient. Il n'est pas naïf, il est même très perspicace, même si ça ne se voit pas, parce qu'il ne parle pas. Il ne réplique pas. Sauf lorsqu'il a des choses à dire, lorsque le sujet l'intéresse et alors, sa voix semble portée par une vie propre. Il sait capter l'attention, il se montre parfois même bien philosophique.

Toutefois, c'est rare qu'il parle, il est même plutôt associable, souvent dans son coin. Peut-on le comprendre ? Le monde n'existe pas à ses yeux. Il alterne entre son monde où règne la destruction et le vôtre. Laissez-moi vous dire qu'il préfère son monde où il est le seul maître. Il y contrôle tout. C'est un jeu. Le jeu de la mort. Il n'a peur de rien. C'est fou quand on y pense. Il n'a peur de rien et pourtant, tout le monde devrait avoir peur de quelque chose. Il est vif d'esprit, il comprend rapidement, il analyse tout et retient tout. Sa mémoire est extraordinaire, et pourtant, personne ne peut voir tout ça, car dans son regard règne une noirceur éternelle, une brume épaisse que l'on ne peut percer. Je dois l'admettre, il est assez égoïste et viendra penser à lui avant de penser aux autres. En fait, c'est surtout qu'il n'a pas conscience des autres. On ne peut pas le blâmer, ne le blâmez pas, je vous en prie. Il ne réalise pas que le monde existe.

Parfois, il se fige. Il s'envole dans des contrées que vous ne connaîtrez jamais. Il n'entend plus rien du monde réel, de vôtre monde. Il est coincé ailleurs et vous pourriez l'appeler, il ne réagirait pas. Il ne bouge plus. Il n'est juste plus là mentalement, bien que son enveloppe charnelle demeure présente. Dans ces moments, son regard est vide. Complètement vide et quand il revient dans vôtre monde, il n'est pas agréable. Il jette un regard haineux qui glace le sang. Il ne faut pas le déranger, dans ces moments. Il devient vite agressif.

Parfois, il me fait peur. Il est violent quand le cour des événements ne fait pas son affaire. Il devient violent quand on le contredit. Il n'aime pas être contredit, il a horreur d'être contredit. Il ne parle pas souvent, sauf quand il donne des ordres et quand on ne fait pas ce qu'il dit, il devient hors de contrôle. Il dérape et son regard devient brûlant, fiévreux. Il veut qu'on fasse ce qu'il ordonne sans répliquer. Il veut qu'on agisse comme s'il était le meneur, celui dont la parole est loi. Mais personne ne le fait et ça l'enrage. Alors il détruit le monde dans sa tête pour se défouler. Il est une boule de colère, et pourtant, il est insensible. La seule émotion qu'il ressent, c'est la colère. C'est incroyable, non ? Je trouve ça incroyable.

Je le décrirais bien de rancunier, mais ce n'est pas le cas. Disons seulement qu'il n'oublie pas et qu'il trouve facilement de faire des mauvais coups pour punir les mauvais agissements. Il ne réalise pas qu'en agissant ainsi, il pourrait ne jamais devenir guerrier. Et puis, je me demande si un jour il  pourrait devenir guerrier. Quand son monde l'aspire, il s'arrête de bouger, peu importe ce qu'il faisait à ce moment. Est-ce que seulement son meneur le laisserait devenir guerrier dans ces conditions ? Ce serait triste qu'il ne puisse pas. Il n'est pas méchant, je vous le jure, il est juste bien ancré dans sa réalité. Il n'est pas ambitieux, pas du tout, il est uniquement destructeur et inattentif. Il n'écoute presque pas quand on lui parle, puisque son esprit réfléchit constamment.  

Je ne vous souhaite pas d'entrer dans sa tête, vous n'y survivrez pas. Il observe le monde, peu importe lequel, avec une minutie extraordinaire. Aucun détail ne lui échappe. Que ce soit la poussière là-bas ou encore l'odeur de pluie à l'horizon. Il s'imprègne du décor. Son cerveau fonctionne constamment, il pense en permanence, peu importe à quoi il pense. Il s'interroge souvent sur la vie et la mort, sur la frontière entre les mondes. Il s'interroge sur le sens des choses. Ça ne s'éteint jamais.

Il revêt une arrogance qui ne se transmet pas dans ses paroles, plutôt dans sa posture et dans ses gestes. S'il est absent, son regard est vide, mais s'il est là, l'arrogance se dégage de sa démarche et ses gestes. Puis, je dois admettre qu'il est assez capricieux, refusant les choses lorsqu'elles ne correspondent pas à ses attentes. Il est maniaque aussi, quand il fait son lit de mousse. Il a ses propres exigences et tout ce qui n'est pas à la hauteur n'est pas bon, c'est simple à ses yeux. Pas à celui des autres.

J'ai oublié. Il est franc et direct, quand il décide de nous faire part de sa voix. Il ne cache pas la vérité, ne ment pas, il dit les choses telles qu'elles se présentent dans son esprit sans les filtrer le moins du monde, que ça choque, que ça blesse. Ce n'est pas son problème.

Alors voilà, un portrait le plus complet de son caractère. J'ai fait du mieux que je pouvais, mais il n'est pas facile à décrire, vous me comprenez ? Laissez-moi retourner auprès de lui, maintenant. Il faut que je le veille.    
»
Patient
Désir de contrôle
Sait capter l'attention
Inconscient
Perspicace
Associable
Vif d'esprit
Égoïste
PHYSIQUE
L'obscurité tombe sur toi, tu t'y enfonces pour qu'on ne puisse pas te voir, qu'on t'oublie, mais ça ne fonctionne pas ainsi. Sors de l'ombre ! Affiche-toi ! Viens, suis-moi, je vais te présenter aux autres.

« Promis, juré, son physique ne ressemble pas à son caractère, ne reflète en rien qui il est. Son âme est sombre, son corps est une boule de lumière. Il est un feu rougeoyant sous les rayons du soleil de la saison chaude. Son pelage est un mélange complexe et magnifique de roux et de bruns. Par moment, le brun est pâle, par d'autre, c'est une sorte de marron et les touches de roux s'y ajoutent, du roux pâle ou encore foncé, donnant une boule de feu sous l'astre du jour. La nuit aussi, il se fait remarquer par sa couleur vivante, vibrante. Elle n'est pas représentative de ce que lui est, n'est-ce pas ? Mais c'est comme ça, le physique n'est pas le plus profond de l'être. Ça se voit encore plus avec lui, après tout.

Son pelage est fourni, épais, lui permettant facilement de passer la saison des neiges sans trembler de froid. C'est quelque chose de pratiquer, à mon avis. Mais son pelage n'est pas long, bien au contraire. Il a un pelage court qui n'absorbe absolument pas l'eau, ni même l'humidité. Ça aussi, c'est pratique. Comme ça il peut courir facilement sans s'encombrer d'un poids supplémentaire. Je connais bien des guerriers qui lui envieraient cette capacité. Son pelage n'est pas du tout lisse, il est ébouriffé, malgré les coups de langue qu'il peut donner, il a un pelage indiscipliné. Il n'y a rien à faire avec.

Et lui en soi ? Il a une carrure puissante et imposante. Il est assez grand, je dois l'admettre, je me sentais minuscule à ses côtés, mais cette carrure donne un sentiment de sécurité : on sait qu'il aura la force de nous défendre. Même si ça dépend de son envie. Moi, il m'aurait toujours protégé, j'étais particulière, spéciale. Son regard ! Je vous ai parlé de son regard ? Son regard est ambré. C'est vaste, dit comme ça, mais je vous jure que ça suffira. C'est un ambré tirant vers un orange profond, une couleur foncée que l'on pourrait même qualifier de velouté, mais bon, pas sûre que ça vous parle. Laissez-moi juste vous dire que son regard a une profondeur inouïe. Dès qu'il vous fixe, il vous fige. On se demande l'origine de ce regard paralysant. Je me souviens qu'il parvenait toujours à me déstabiliser. Tu as beau être le chat le plus confiant du monde, tu perds tes moyens face à lui, parce que ce félin-là, il ne cherche pas à t'intimider, c'est le pire. Son regard puissant te transperce, mais il n'en a même pas conscience. Croyez-moi, ça perturbe. »
HISTOIRE
Les ténèbres s'enroulent autour de ton âme, te retirent du monde et tu n'existes plus. Tu n'as jamais vraiment existé. Secoue-toi ! Tu es là ! Ils attendent que tu leur racontes ! Mais tu ne peux pas. Tu es enfoncé dans ton univers propre et on ne peut pas t'en sortir. Alors je vais rédiger ton histoire pour qu'ils puissent te connaître.

« Il pleuvait, quand nous sommes nés. C'était la saison des feuilles mortes. Les arbres étaient dépourvus de feuilles. Celles-ci gisaient sur le sol, pleurant, hurlant la mort. La forêt s'était revêtue d'un manteau coloré. Des touches d'oranges, de rouges, de jaunes et aussi de brun. L'atmosphère était humide, chargée d'une pluie presque constante. C'est connue, cette saison est aussi la saison des pluies. Moi je l'aime, elle est magnifique et quelque part, elle représente la mort, la fin d'un cycle pour le recommencement de l'autre. Après tout, les feuilles tombent. Les arbres meurent, les fleurs se fanent, les herbes médicinales se font rares et le froid cruel arrive doucement au loin.

Nous, nous sommes nés dans cette saison. La pluie n'était pas loin quand notre mère a ressenti les premières contractions. Et quand la guérisseuse est arrivée, il pleuvait fortement, déprimant quelques chats et ravivant l'énergie des autres. Les chatons se collaient contre eux, dans la pouponnière, pour ne pas prendre trop de places. Pétale Poussiéreux, notre mère, haletait. Elle était si heureuse de cette première portée, elle se sentait joyeuse et son âme lévitait presque. C'était pareil pour notre père, Plume d'un Phénix. Le tonnerre retentit quand le premier paquet tombait. C'était lui, mon frère. Il fut nommé Patte Enchantée. Après tout, c'était l'enchantement qui étreignait le cœur de nos parents. Le deuxième paquet, lui, tomba après et fut nommé Patte d'Ambre. Et puis moi aussi, je suis tombée sur le sol. On me nomma Petite Feuille. Patte Enchantée prit plus de temps que Ambre et moi à trouver les mamelles de notre mère et il téta avec l'énergie du désespoir, comme si la mort le pourchassait déjà. Mais la mort ne pourchasse pas les chatons, pas vrai ?

Il ouvrit ses yeux quelques jours plus tard, dardant un regard morne sur un monde coloré. Lui ne voyait pas le monde et son regard était brumeux, absent. On aurait pu le penser aveugle. Notre mère s'affola. Ses petits ne pouvaient pas voir leur chance de voir un jour une bataille, elle refusait. Elle demanda à Plume d'un Phénix d'aller chercher la guérisseuse et celle-ci accourut rapidement. « Un des petits est malade ? » La voix de la soigneuse débordait d'inquiétude et d'une affection qu'elle accordait à tous. Notre mère secoua la tête et lui résuma brièvement la situation. Alors la guérisseuse s'approcha de Patte Enchantée et lui parla. Ce dernier ne réagit pas. Déjà ailleurs, happé par un monde que nul ne pouvait connaître ni comprendre. Pourtant, au bout de la dixième tentative, il releva la tête et plongea son regard de braise dans celui de la soigneuse qui sursauta tant le geste avait été rapide. Il fouetta le sol de la queue et ne répondit rien lorsqu'elle lui posa des questions. Il ne voulait pas parler, c'était évident. Moi, j'étais terrée dans un coin. Je voulais hurler aux adultes de le laisser tranquille. Je le comprenais déjà. Sa colère se manifestait dans son duvet hérissé, comme une boule pique-pique.

La guérisseuse capitula dans un soupir excédé et s'approcha de notre mère pour la rassurer sur le compte de Patte Enchantée. Il n'était ni aveugle ni sourd, par contre elle ne pouvait pas déterminer s'il savait parler, mais je savais qu'il savait, c'est juste qu'il ne voulait pas, il préférait s'envoler loin ailleurs, et qu'on lui foute la paix, même s'il était un nouveau-né. Il demeura encore un moment à observer les deux femelles avant de s'adoucir et son regard perdit sa lucidité. Il était parti ailleurs, dans un autre monde.
Ton monde, il est composé de destruction, même à cet âge. Je n'ai jamais su pourquoi la destruction te fascinait autant. Après quelques minutes ainsi,  il s'approcha de moi et il posa sa patte sur la mienne, sans rien dire. Je me contentai d'hocher la tête et l'air satisfait, il la hocha à son tour avant de se coucher en boule, m'invitant à faire de même. Je m'endormis vite, mais lui demeura éveillé encore un bon moment. Sa respiration était régulière et calme, son duvet laissait déjà place à du poils plus dur. Il finit par s'endormir. Insomniaque, il l'était déjà et cela allait durer éternellement. Il ne changerait jamais.


* * * * * * * * * * * * * * *


«Arrête ! Tu me fais mal ! » geignait Patte d'Ambre en se tortillant sous notre frère qui la tenait fermement. Elle avait voulu se battre avec lui, l'inviter à jouer, en ignorant son caractère agressif, et sa force qui dépassait de loin la nôtre. Il la fixait et attendait, écoutant ses supplications sans broncher, ne ressentant rien d'autre qu'une irritation semblable à la colère. Il finit néanmoins par la lâcher et elle se releva péniblement, le surveillant du coin de l'œil. Pourtant, il s'était déjà désintéressé d'elle, léchant machinalement sa patte, partant encore une fois bien loin ailleurs de notre monde. Nous avions alors que deux lunes et il était déjà le plus grand des chatons, dépassant ceux qui avaient quatre lunes en taille. Il était puissant et craint et pourtant, il s'en fichait pas mal. Nous jouions sur le tapis de neige. La neige était tombée il y a quelques jours de cela et les chatons s'étaient montrés émerveillés.

Il voulait, encore une fois, juste que les autres le laissent tranquille. Mais cette fois, il voulait aussi contrôler la vie de Patte d'Ambre et la mienne. Patte d'Ambre se rebellait plus que moi. Je le laissais faire, ça ne me dérangeait pas. J'étais frêle et timide, alors sa protection m'était nécessaire. Il semblait faire ça sans le moindre plaisir. On aurait dit une machine réglée pour agir de telle façon. C'était un peu effrayant. Il donnait des ordres et attendait visiblement à être obéie. Quand Patte d'Ambre s'avança pour protester, il sortit les griffes et grogna. Elle se soumit rapidement. La colère de Patte Enchantée était déjà dévastatrice. Il fallait à tout prix l'éviter. Il secoua la tête et lui indiqua du bout de la queue la pouponnière. Elle ne se fit pas prier et fila. Lui, il se dirigea vers la tanière des novices sans rien en tête, ça se voyait. En vrai, il ne savait même pas où il allait. Il ne réalisait pas. Il marchait, sans rien d'autre, sans but. Je l'interceptais. Il me regarda. Son regard était lucide, cette fois. J'étais la seule qu'il regardait ainsi. Son regard respirait une sorte d'intelligence presque inquiétante. Et ses yeux possédaient une profondeur étrange qui noyait ceux qui s'y plongeaient. Je me noyais dans son regard quand il parla. Il ne parlait qu'à moi.

« La neige approche, une tempête se fait sentir. L'odeur est puissante. Mais ce n'est pas grave, on y est habitué. Après tout, c'est la vie et le cycle éternel. Tu sais, après, l'eau tombera, la neige fondera. Il faudra seulement espérer qu'il n'y ait pas d'inondations, parce que même si le Clan nage, on ne peut pas vivre dans l'eau. Mais on ne peut pas vivre sans l'eau non plus, c'est ironique. Quelque chose qui nous est nécessaire se retrouve à pouvoir également nous être fatal. À mes yeux, c'est aussi une beauté. La contradiction est belle, elle est magique, c'est une complexité à dénouer, même si ce n'est pas facile. Tu comprends ?

Il sourit quand j'hochais la tête. Il souriait rarement et son sourire, je ne parvenais pas à le décoder. Son sourire était étrange, dénué d'émotions, mais pourtant c'était un vrai sourire, alors comment le comprendre ? Il parlait souvent de la destruction, ça le passionnait et quand il parlait, il parlait beaucoup en faisant des liens entre les choses, parfois sans liens, sinon il ne parlait pas, se contentait de fouetter le sol de la queue et d'un coup, il bondit en me plaquant au sol pour plonger son regard dans le mien. Sa colère emplit l'air. Il montra même les crocs avant de me planter là, me laissant décontenancée. Il était incompréhensible et souvent, imprévisible. Il fallait l'accepter ainsi. Il se faufila dans la tanière des anciens. Il aimait passer des moments là, écouter les histoires des anciens, même si souvent il partait dans son propre univers et n'entendait pas un seul mot de ce que disaient les aînés. Ces derniers le réalisaient souvent, mais ne faisaient aucun commentaire. C'était gentil de leur part. Ils ont toujours apprécié le calme soupçonneux de Patte Enchantée qui passait le plus clair de son temps dans leur tanière, pour ne pas être dérangé par les chatons turbulents qu'il détestait. En fait, il ne les détestait pas. Il ne savait pas détester. Il le fuyait, c'était tout. Vous ne pouvez pas comprendre, et il n'en attendait pas moins de ceux qu l'entouraient. Il ne demandait clairement pas à ce qu'on le comprenne.

Une nuit, il se faufila en dehors de la pouponnière. Les étoiles brillaient. Il murmura à mon adresse. « Je vais chercher le noir.» et je me suis rendormie. Je me réveillais toujours quand il bougeait. Il allait chercher le noir. Il s'éclipsa en dehors du camp et marcha quelque peu, s'allongeant sur un sol humidifié par l'humidité de la nuit et il observa une partie du ciel où les étoiles ne brillaient pas. Pour lui, c'était le noir. Il avait remarqué que chaque nuit, une partie de la nuit n'était pas illuminée par les astres accompagnant la Lune et il avait décidé d'observer ce phénomène. Il le nommait le noir de la nuit. Le Trou Noir.  Il le trouvait intéressant et agréable à observer. Il retournait toujours rapidement au camp pour ne pas que son absence soit remarquée. C'était ainsi. Quand il rentrait, il enroulait Petite Feuille de sa queue parce qu'elle tremblait. Il avait toujours observé la faiblesse de la petite chatte. Petite Feuille était la plus frêle, la moins forte, celle qui sortait le moins. Son regard était souvent embrumé par une sorte d'épuisement fiévreux, mais elle n'était pas chaude et ne faisait donc pas de fièvre. Patte Enchantée s'était toujours montré protecteur envers sa sœur, envers moi, même si je savais bien qu'il ne ressentait rien d'autre que le besoin de me protéger et de me contrôler. Ça ne cachait pas d'émotions.

À notre troisième lune, Patte Enchantée passait tout son temps avec moi, sauf la nuit. Parfois, il allait vers Patte d'Ambre, lui donner des ordres et la remettre à sa place si elle résistait. Et quand il était avec moi, il était souvent sur terre et il me parlait de sa voix froide, sans intonation. Il me faisait part de ses réflexions et je m'attachais doucement à lui. Je savais bien que lui, il n'aimait pas. Son cœur était froid, impassible, et il n'y avait que la colère qui y entrait, et ce désir ardent de contrôle, une soif insatiable qu'il ne fallait pas contrarier. Mais je me sentais privilégiée, car avec moi, Patte Enchantée parlait et racontait, expliquait, s'arrachant de son monde pour tomber dans le nôtre, il laissait tomber son monde et même s'il n'aimait pas, c'était pour moi la plus belle preuve d'amour.  Oh, il revenait souvent dans son univers, ce lieu parallèle au notre, et son regard se teintait d'un filtre translucide. J'attendais, dans ces moments, et il revenait.

Nous avions quatre lunes, quand le "drame" arriva.  Il se tenait près de moi et me parlait quand il réagit instinctivement en me prenant par la peau du cou. Je ne comprenais rien, moi, je me sentais bien. Mais Patte Enchantée avait senti un changement dans mon odeur qui ne lui plaisait pas. Je me retrouvais allongée sur le lit de mousse dans la tanière de la guérisseuse et je vis l'inquiétude dans les yeux de celle-ci. Lui, il restait près de moi, il ne disait rien. Il savait que j'étais faible, mais maintenant, il savait aussi que j'étais brûlante de fièvre, mais que ce n'était pas un mal connu. J'avais toujours ressenti une légère difficulté respiration, et j'étais toujours la petite, semblant perdre du poids avec le temps, mais à présent, c'était critique. On voyait parfaitement que mon corps ne s'hydratait pas comme il se devait. Et je finis, au bout d'une autre lune pénible, par rendre mon dernier souffle. Ce que je vis dans ma dernière respiration, ce fut le magnifique regard lucide de Patte Enchantée et cette vision ne me quitta jamais.

Lui, il retomba encore plus profondément dans son monde, plus inatteignable que jamais. Il ne se rapprocha pas de Patte d'Ambre, et semblait, en fait, se désintéresser totalement d'elle. Elle pouvait, pour la première fois, faire ce qu'elle voulait sans que Patte Enchantée ne tente de la contrôler et la fasse se coucher par soumission. Il se foutait de tout et demeurait des journées entières dehors, immobile, à observer le vide, à être dans son univers et ne rien voir d'autre. Mais maintenant, je voyais son univers. Il était dans un endroit aride, désert, où on ne voyait que la poussière partout et lui, il se tenait sur un promontoire, observant un tel désastre et puis d'un coup, l'eau tombait, détruisait tout encore plus, mais rendait l'air respirable et enlevant la poussière. Tout changeait constamment. Et je reste persuadée qu'au plus profond de son cœur, il avait ressenti une affection à mon égard et que mon départ l'a profondément troublé.

Et puis, une lune passa. Et il eut six lunes.

« Que tous les chats qui sont en âge de chasser s'approche pour une Assemblée de la Tribu ! » 

Il ne réagit pas, mais Pétale Poussiéreux le poussa du bout du museau pour qu'il s'approche lui aussi. Il se mit en marche mécaniquement et encore une fois, notre mère se dut de l'arrêter pour ne pas qu'il aille directement foncer dans le roc. Le meneur appela les deux chatons, et Patte d'Ambre prit la relève auprès de Patte Enchantée à la place de notre mère. Il n'eut même pas conscience de la cérémonie et ne prit que plus tard conscience de son nouveau nom. Nuage de l'Enchantement. Il apprit également que notre sœur avait pris le nom de Nuage Ambré. Mais ça ne semblait même pas l'intéresser, en fait, ça ne lui faisait rien, plus rien ne l'atteignait. En fait, c'est jamais arrivé. J'étais la seule qui le touchait, qui allait dans son cœur et le remuait.

Je me demande maintenant. Je me demande comment il va se débrouiller sans moi, sans une personne pour le comprendre, pour prendre son cœur et le bousculer. Je me demande comment il va faire maintenant qu'il n'a personne à qui parler, car il ne parlait qu'à moi. Je me demande maintenant comment il va s'en tirer, dans son monde, en dehors des limites de la réalité. Je me le demande et je m'inquiète. »
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ARRIVÉE LE : 30/06/2016
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MessageSujet: Re: « L'espoir est la lueur du noir, le désespoir l'ombre du jour. Alors qu'est-ce que la destruction se trouve à être dans la réalité ? L'espoir désespéré d'une âme à la dérive dans un autre univers. » || Enchanty's presentation.    Dim 2 Avr - 12:42

Cette présentation, car trop vieille/abandonnée est envoyée aux archives ! ♥
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